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Valérie Cadieux : la vie des pas si riches

La comédienne Valérie Cadieux est présentement sur grand écran avec le film Les Scènes fortuites. En marge de la sortie de l’opus, Où le Magazine a eu l’occasion de discuter avec elle. Elle brosse un portrait du monde de la production de films et de séries au Québec.

talent local
08/02/2018

Les Scènes fortuites est un long-métrage réalisé par Guillaume Lambert. Le public a pu connaître le fervent d’humour dans la populaire série Like moi. Son film raconte l’histoire pas trop farfelue d’un réalisateur québécois qui tente par tous les moyens de finir un film mais rien ne fonctionne pour lui. Le téléspectateur le suit dans ses différents échecs pendant 80 minutes où se mêlent rires et un sentiment de découragement.

Valérie Cadieux, originaire de Salaberry-de-Valleyfield, y joue le rôle de Vicki, la soeur du réalisateur. “C’est cette fille qui dit tout ce qu’elle pense, sans filtre. Elle est terre-à-terre et elle vient souvent porter secours à son frère”, explique la comédienne. Selon elle, le public est charmé par la complicité du duo frère-soeur. Elle pense que ça aurait été impossible sans l’amitié profonde qui la lie à Guillaume Lambert, dans la vraie vie.

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Les Scènes fortuites est présentement en salle au Québec. Vérifiez les heures de projection au cinéma le plus près de chez vous.

 

Une place à faire

À 36 ans, Valérie Cadieux concède elle-même qu’elle n’a pas le visage le plus connu de la sphère culturelle québécoise. Elle y voit le symptôme de l’état actuel de la production télévisuelle et cinématographique au Québec.

“Il n’y a pas de recette miracle pour se faire connaître. C’est complètement aléatoire à mon avis. On découvre parfois des saveurs du jour ou du mois mais la majorité des finissants des écoles de théâtre doivent bûcher dur pour faire leur place à la télé ou dans un film. Moi, par exemple, j’ai été prise pour Les Scènes fortuites mais c’est beaucoup parce que je suis une amie proche de Guillaume (Lambert). Sinon, au Québec, des comédiennes de taille moyenne, cheveux bruns, yeux bruns, l’air ni jeune, ni vieille, jolie mais pas remarquable, il y en a des centaines. Se démarquer devient très difficile, lance-t-elle sans un soupçon d’amertume”.

Les maisons de production québécoises, à son sens, aiment les visages connus et les casting particuliers.

Pour joindre les deux bouts dans cet univers cruel et très compétitif, Valérie a un deuxième emploi. Elle travaille au restaurant de son frère et elle ne s’en cache absolument pas. “C’est une minorité qui peut vivre de ses contrats. Ça apporte quand même des moments cocasses quand je remarque que les gens me fixent. Ils m’ont déjà vue mais ils ne souviennent plus d’où. Je me fais demander des fois si je connais une telle de Sorel parce qu’on me confond avec l’amie de quelqu’un, s’amuse-t-elle. Je dois leur expliquer qu’ils m’ont probablement aperçue à la télé”.

 

L’envers du décor

De façon très honnête et lucide, l’artiste compare la production de films et celle de contenu télévisuel au Québec. Pour elle, il s’agit de deux mondes bien différents.

“Pour le cinéma, tout le monde est plus relax. On a plus de temps pour tout faire. Si une scène ne convient pas, on peut la refaire. Ce surplus de temps permet au réalisateur et aux acteurs de travailler ensemble à la composition des personnages. On travaille parfois avec des petits budgets mais l’approche n’est pas stressante. Pour des séries, c’est l’opposé, souligne celle qui a joué dans Fugueuse, Unité 9, District 31 dans les dernières années”.

Stress, horaire serré, incapacité de reprendre des scènes et travail accompli rapidement sont le lot quotidien. “Les comédiens sont tendus, le réalisateur aussi et les techniciens doivent travailler vite, commente Valérie Cadieux. C’est pour ça qu’on peut avoir l’impression que le jeu est parfois mal ajusté. Le comédien a sûrement eu la directive de faire sa scène en un essai”.

Valérie ne parle pas sur un ton plaintif, loin s’en faut. Seulement, comme son personnage de Vicki, c’est une fille terre-à-terre.

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