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Une tasse de thé avec Martineau

Aujourd’hui, j’ai zéro envie de me prendre pour Martha Stewart.

Opinion
19/02/2016

Aujourd’hui, j’ai zéro envie de me prendre pour Martha Stewart. Fuck le billet sur la bouffe végé, j’ai plus urgent à dire. Je sais que je serai la 100e féministe « avec du sable dans le vagin »  à parler de Richard Martineau, mais si c’était lui qui avait du « sable dans le prépuce » (merci, Facebook, pour tes beaux commentaires toujours si délicats). C’est quoi ce billet: Les femmes, c’est nono? Pour vrai ! On sent bien le sarcasme, mais le sarcasme de quoi ! Martineau trouve que les féministes se positionnent en victimes et il en rajoute dans son billet, so cute, de la Saint-Valentin.

Ce qui m’a le plus irritée dans tout ça, c’est que Martineau semble remettre en question l’idée du consentement ! Si vous n’avez pas vu le petit vidéo sur  la tasse de thé, (de toute évidence, Martineau ne l’a pas vu) c’est impératif, regardez-le. Selon Martineau et d’autres qui ont commenté dessous son article, si on vous viole, mesdames, et que vous n’avez pas dit NON, que vous ne vous êtes pas défendue, arrêtez de dire que c’est la faute de l’homme, c’est la vôtre. Si on vous bat et que vous retournez là-bas, on ne va pas essayer de comprendre ce qui se passe, pourquoi vous êtes prise dans ce tourbillon, on va vous juger et dire que vous courez après. C’est votre faute, parce que vous vous positionnez en victime !!! Martineau agit ici en « vrai homme viril ». À aucun moment, il ne fait preuve d’empathie. À aucun moment, il ne se place dans la position de la femme.

Il ne comprend pas et n’essaie pas de comprendre l’éducation différenciée des sexes. Si la femme est souvent une victime, c’est qu’on l’a élevée en fonction qu’elle ferme sa gueule. À la fillette, on n’a pas tendance à lui donner des Playmobiles de vaisseaux de guerre, des G.I. Joe, des ballons de football. À la fille, on donne des poupées, du bricolage, une grosse cuisine Fisher Price, des @$#@$#@$# de Barbies qu’on habille, qu’on maquille, qu’on coiffe. On lui dit aussi, à la fille, qu’une belle femme, c’est une femme discrète, menue, fragile… Pas une femme forte et intelligente… On insulte un garçon en disant qu’il court comme une fille….Nous sommes tous responsables de faire de nos femmes des victimes. Il y en a qui parlent fort, qui combattent, mais si peu de femmes font de la politique, c’est qu’on leur a bien fait comprendre qu’une femme qui argumente, qui donne son point de vue, c’est une hystérique. L’une de ces insultes attribuables seulement à la femme. Il y a deux autres insultes qui nous sont dédiées et dont l’homme n’en fait jamais les frais : SALOPE, AGACE. Si par malheur t’a osé charmer un homme, mademoiselle, pis que t’en a rien à foutre, ou que t’as changé d’idée, ferme ta gueule, et assume que c’est de ta faute, sinon on te traitera d’agace !

Deux jours plus tôt, Martineau écrivait un billet sur le passage de Lise Payette à Tout le Monde en Parle. Lui trouve que l’homme a changé, pas Lise. Oui, les hommes sont pas à mettre tous dans le même panier, comme les femmes, comme les arabes, etc. Mais si notre société s’efforçait réellement de changer l’homme, on lui donnerait une poupée quand il est petit, pour lui apprendre à prendre soin de quelqu’un d’autre, pour lui apprendre l’intelligence émotionnelle, l’empathie. On n’aurait pas besoin de dire à Martineau de comprendre pourquoi, trop souvent, la femme est une victime ! On aurait du coup plein d’hommes qui travailleraient dans le service public. On aurait plein d’infirmiers, plein d’hommes profs pour comprendre les jeunes hommes qui veulent jouer au roi de la montagne.

Chapeau, les filles, vous avez appris à mettre vos culottes, à être combatives. Pas encore assez, mais on y travaille. Par contre, est-ce qu’on a favorisé à coups de programmes à faire mettre un tablier aux hommes ? J’en vois venir…. Messieurs, on ne vous demande pas de mettre un tablier pour que nous nous l’enlevions, pour qu’on vous domine. Comprenons-nous bien, c’est une façon de parler, on souhaite que les hommes mettent un tablier, jouent avec des poupées, pour que vous appreniez un peu plus la compassion. Oui, il y a des hommes qui sont sensibles, mais ça en prend plus, pour que quand un homme sera en face d’une escorte mineure, qui, de toute évidence n’a pas envie d’être là, qu’il la comprenne, ressente son mal, comprenne toute la complexité de pourquoi elle est là, que ce n’est pas tant un choix. Non, ce n’est pas ce qu’elle veut.

Si tu n’es pas sensible à son sort et que tu payes pour lui passer dessus, tu payes pour la violer ! C’est toi le bourreau, c’est elle la victime, et ce, même si elle se tait, point final.

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Blogue de Émilie Poirier

 

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