Sébastien Lemaire

Sébastien Lemaire

Professeur de Yoga

×

Vous souhaitez devenir blogueur?

Inscrivez-vos informations et nous vous contacteront dans le plus bref délai.

SUR LE RYTHME

À la vitesse que la société roule, au bombardement des médias et à toutes ces petites, moyennes et grandes histoires que Facebook nous propose, c’est à se demander si nous sommes réellement faits pour recevoir ces tonnes d’in

santé
03/11/2016

À la vitesse que la société roule, au bombardement des médias et à toutes ces petites, moyennes et grandes histoires que Facebook nous propose, c’est à se demander si nous sommes réellement faits pour recevoir ces tonnes d’informations? Nous avons des limites. D’être surchargé d’informations, à un certain point peut littéralement, selon une étude de l’Université Temple de Philadelphie, faire sauter le disjoncteur de notre cortex préfrontal. Il se met à ‘’off’’, à cause de cette superfluité.

Ce bombardement nous engage sur une pente à-pic. Les jours et les semaines passent si vites que ces déversements d’actualités personnelles et sociales deviennent une forme de drogue. Notre cerveau est constamment dans l’action, dans l’analyse et dans la réaction. Nous déchiffrons bien malgré nous ces histoires qui se passent à l’autre bout du monde ou dans notre quartier. Nous y sommes habitués et nous considérons le tout normal. Quoique certaines personnes vivent très bien dans ce rythme, d’autres y sont un peu moins adaptés ou tout simplement pas faits pour cette cadence et très souvent, eux-mêmes ne le savent pas. De ralentir le rythme ne veut pas nécessairement dire être paresseux ou encore de devenir pépère et mémère. Même les enfants le font…ralentir. Ils ont beaucoup d’énergie certes, mais une fois celle-ci dépensée, ils ralentissent eux aussi, naturellement. Allez rapidement, d’une façon effrénée, est presque devenue synonyme d’efficacité de nos jours. Pourtant peut-être que de ralentir un peu nous donnerait la chance de commettre moins d’erreurs au travail, nous laisserait peut-être plus de temps à bien écouter un proche ou encore de mieux trouver des solutions à nos problèmes. Nous sommes des êtres d’une telle dextérité. Des créateurs d’idées avec un potentiel fou. Mais le fait d’être toujours dans l’urgence, nous enlève probablement un brin de focus et nous empêche de bien peaufiner notre œuvre.

Quoiqu’obsédé par son futur chef-d’œuvre, Michel-Ange a tout de même pris 2 ans pour retirer d’un bloc de marbre blanc de Carrare, la statue magistrale de David. David qui selon Michel-Ange, était déjà à l’intérieur de ce bloc. Il n’a qu’enlevé l’excès. Et pour ce faire, le temps et la précision étaient de mise. L’empereur Shâh Jahân lui, a pris approximativement 20 ans pour construire le Taj Mahal. C’est deux œuvres monumentales, seraient-elles encore à couper le souffle aujourd’hui, si nous avions exigé à leurs bâtisseurs de les réaliser en une fraction de leurs temps réel de manifestation ou encore en les soumettant à la drogue de l’information continue. Ces œuvres seraient-elles encore debout? De les surcharger des renseignements planétaires leur auraient probablement enlevé du temps, à ces grands créateurs. Michel-Ange, avec tout son talent, aurait probablement travaillé comme une pieuvre sur patins à roulettes et le grand David serait devenu le p’tit Dave. L’empereur Moghol lui, aurait très vite vu le mausolée, bâti pour son épouse, détruit par les 4 minarets construits dans une vitesse trop époustouflante.

Le fait de ralentir nous aide à être témoin enfin et de ne pas être un spectateur du futur et du passé. Souvent en yoga, les élèves qui cherchent un exercice plus dynamique et tonus au début, sont surpris de constater comment le travail est plus profond et plus performant d’une certaine façon, quand nous ralentissons le rythme. Notre focus est meilleur, notre alignement bien axé et notre souffle conscient. De cette façon, le risque de blessures est presque nul. L’expérience devient vivante et nous sommes sur le rythme. Sur notre rythme!

Si nous pensons aux tortues géantes des îles Galápagos, qui peuvent vivre en moyenne de 150 à 200 ans, avec un rythme d’une lenteur incroyable, ne sommes-nous pas un peu forcé de faire l’hypothèse qu’à un rythme plus lent nous pourrions nous aussi vivre plus longtemps! Du moins, la vie nous paraîtrait moins célère, c’est certain! Comparons le voyage de la vie à un road trip vers la Gaspésie. Le choix de notre moyen de locomotion définira le rythme de ce voyage. Pour avoir le temps d’apprécier ce road trip et non sa destination, le meilleur choix serait le jet privé, la décapotable ou encore le pas de tortue?
À nous de choisir notre rythme!

P.S. J’ai fait de ce blog un 755 mots, pour ne pas trop nous ralentir quand même! J’ai aussi eu le temps de répondre à 3 textos, de lire quelques suggestions d’articles sur Facebook, d’envoyer des reçus par courriel, de préparer ma playlist pour mon cours de ce soir et de jaser à ma mère au téléphone! Mais j’ai pris mon temps.

VOIR D'AUTRES ARTICLES de Sébastien Lemaire
Voir la liste complète des blogueurs Vous souhaitez devenir blogueur?