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Les préjugés ne tiennent pas la route!

Le passage du monde de la mode à celui de l’automobile est pour le moins inusité dans la vie de Steve et son parcours l’est tout autant. À 37 ans, Steve Charland est copropriétaire de Kia Valleyfield depuis maintenant 11 ans et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a réussi à faire sa place là où l’on ne s’y attendait le moins. N’ayant jamais caché son homosexualité, on peut dire que son charisme, son audace et son authenticité ont sans contredit réussi à vaincre tous les tabous d’un monde autrefois considéré comme étant très macho.

Général
16/05/2018

Dans ton enfance, étais-tu déjà fasciné par les voitures ?

J’ai toujours été attiré par les belles voitures mais jamais je n’aurais pu m’imaginer travailler un jour dans ce domaine.

Comment décrirais-tu ton parcours dans le domaine de la mode ?

À 19 ans, j’ai été propriétaire d’une boutique de vêtement dans le village gai au centre-ville et par la suite j’ai aussi été gérant pour la boutique Le Château pendant 1 an. J’ai toujours été attiré par la vente, les finances et le contact humain, sans savoir que je retrouverais tous ces aspects dans le domaine automobile.

Quel est l’élément déclencheur qui a fait dévier ta carrière de sa trajectoire ?

Ça été une véritable révélation pour moi ! Un jour où je me rendais chez un concessionnaire avec une amie pour conclure l’achat d’une auto et que j’étais assis dans le bureau du financement, j’ai soudainement réalisé que c’était exactement ce que je voulais faire dans la vie. En sortant, j’ai appelé la personne qui s’était occupée de mon amie pour lui demander ce qu’il fallait faire pour remplir cette fonction. Je venais littéralement de croiser mon destin !

Selon toi, est-ce que les préjugés envers les vendeurs d’autos sont légitimes ?

À mon avis, l’addition de faits vécus par plusieurs personnes devient un préjugé, donc on peut certainement dire que cela ne part pas de nulle part. Dans le passé, les consommateurs n’avaient pas les outils qu’ils possèdent aujourd’hui pour se renseigner sur le véhicule de leur choix. Avec l’arrivée d’Internet, les gens de nos jours sont parfois plus renseignés que les vendeurs, il y a donc beaucoup moins de place aux entourloupettes.

D’un côté plus personnel, est-ce que le fait d’être homosexuel a nui à ton cheminement dans un domaine ayant la réputation d’être très macho ?

Je dois dire que dans l’ensemble, j’ai été drôlement choyé. Mais malgré toute l’ouverture de mon entourage, il ne faut pas perdre de vue que j’évoluais dans un domaine de « boy» et qu’en plus, j’étais en région, ce qui représentait un double défi pour un homosexuel. Dans les premières années, je demeurais très discret quand il s’agissait de parler de mon conjoint et j’évitais de l’amener dans des événements avec moi. Cela fait 17 ans que nous sommes ensemble et pourtant, certains de mes amis ne nous ont jamais vu nous embrasser encore. J’ai toujours eu un peu la crainte de m’imposer. Je me disais qu’il valait mieux commencer par me faire accepter moi-même avant de faire accepter le couple et tout ce qui vient avec. Le chemin de l’évolution est propre à chacun et je ne tiens surtout pas à forcer les choses. 

Considères-tu avoir ouvert le chemin à d’autres personnes dans ta situation?

À ma plus grande surprise, lorsque j’ai décidé de m’afficher, j’ai reçu plusieurs félicitations de mes collègues et la plupart ont souhaité faire la connaissance de mon conjoint. Avec les années, lors d’événements et de congrès, j’ai vu de plus en plus de fils de propriétaire aussi accompagnés de leurs conjoints, chose qui n’aurait jamais été acceptée par le passé. Je crois que j’ai peut-être pu faire la démonstration que l’on pouvait être homosexuel, œuvrer dans le domaine de l’automobile et réussir à faire sa place.

Parlant de réussite, comment expliques-tu l’opportunité qui t’a amené à devenir propriétaire ?

La vie a mis un homme sur mon chemin du nom de Claude Éthier, qui a cru en moi. Je travaillais pour son compétiteur lorsqu’il m’a contacté pour que je devienne le directeur général de sa nouvelle concession, Kia Valleyfield. Au départ on avait parlé que je puisse faire l’acquisition de 10 % des parts  mais la tournure des événements a fait en sorte qu’à la signature, je suis finalement devenu propriétaire à 50 %. 

Récemment vous avez procédé à l’ouverture de Kia Huntingdon. Quelle est la stratégie derrière cette acquisition ?

Il y a toujours eu des concessionnaires à Huntingdon et petit à petit, ils ont fermé leurs portes malgré leur rentabilité. Il y avait donc un vide automobile et avec le développement immobilier en cours, nous avons vu là une opportunité à ne pas manquer. Les gens cherchent la facilité d’accès et la proximité. Comme on l’entend souvent, le «maudit pont» est un obstacle qui décourage les gens à venir du côté de Valleyfield. Nous avons fait le choix de protéger notre marché et nous avons misé juste. Nous sommes en opération depuis le 5 septembre 2017 seulement et nous savons déjà que nous allons dépasser nos objectifs ! Encore une fois, la vie me sourit !

 

550, boul. Monseigneur-Langlois,
Salaberry-de-Valleyfield
kiavalleyfield.com | 450 377.8396

 

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