Eric Leger

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J’me souviens d’un temps…

J’me souviens d’un temps où j’attendais impatiemment l’arrivée du catalogue Sears édition des fêtes.

Général
04/12/2015

J’me souviens d’un temps où j’attendais impatiemment l’arrivée du catalogue Sears édition des fêtes. À cette époque, je passais des heures et des heures dans la section jouets à identifier de mon nom en grosses lettres, les articles tant convoités qui allaient se retrouver sur ma liste de Noël. Je prenais soin d’encercler, d’encadrer et de souligner au besoin, les choix qui composaient mon top 5 en expliquant très clairement à mes parents, par un système de répétition intense comme on nous enseigne en publicité, que je n’allais pas survivre une autre année sans ces indispensables. Pour le reste, j’allais sûrement pouvoir m’accommoder de ce que j’avais en réserve au sous-sol. J’étais tout de même le plus grand collectionneur de bonhommes GIJOE de mon quartier, tellement que lorsque j’ai pris ma retraite, la compagnie Hasbro a dû frôler un crash boursier.

J’me souviens d’un temps où la chaîne de magasins Distribution aux consommateurs est arrivée dans le décor. Je sais pas si c’est juste moi, mais je n’ai jamais réussi à commander quelque chose qui était disponible en stock. En fin de compte, j’ai l’impression que tous les employés étaient des comédiens ratés et que le décor était une grosse mise en scène de Denise Filiatrault. J’imagine que de l’autre côté du mur y devait y avoir 3 ou 4 techniciens qui jouaient aux cartes autour d’une table et à chaque fois qu’ils recevaient un bon de commande, y devaient se foutre de notre gueule en se disant : y’a encore du monde qui pense que c’est un vrai magasin. Que de déception j’ai vécu après avoir coché mes choix sur un bout de comptoir qui ressemblait drôlement à un isoloir, Tout bien réfléchi, j’ai l’impression que c’était comme une initiation aux élections.

J’me souviens d’un temps où toute mon attention était tournée vers le gros monsieur à la barbe blanche et oui, St-Nicolas, lui-même. J’étais littéralement en admiration avec le personnage et pendant le mois décembre j’avais la chance de le voir un peu partout : à la parade, au centre commercial, sur le front page de mon catalogue préféré et même dans ma propre maison où pour l’espace d’un instant, je l’avais pour moi tout seul. À chaque fois que j’avais le privilège de m’en approcher,  je m’efforçais d’analyser dans les moindres détails sa voix, son costume et son visage en prenant soin de bien relever tous les indices nécessaires à mon enquête. Est-ce réellement le vrai ou est-ce qu’on essaye de m’en passer une? S’en suivait une longue série d’argumentation et d’analyse presque scientifique avec ma tante Loulou, qui soit dit en passant était une excellente détective. À chaque année, on s’assurait que les enfants de ce monde ne soient pas victimes d’une supercherie et on arrivait toujours à  la même conclusion, c’était effectivement le vrai Père Noël.

J’me souviens d’un temps où je laissais deux biscuits et un verre de lait sur la table de cuisine et que j’espionnais le Père Noël en silence du haut de l’escalier. My god, le feeling était plus trippant qu’un concert de U2. Ces soirées- là, j’étais tellement excité que la plupart du temps je pissais au lit. J’avoue qu’au concert de U2 j’ai aussi failli pisser dans mes culottes mais ce n’était pas pour les mêmes raisons : un peu trop de bière, un peu trop de monde et tout un défi pour se rendre aux toilettes, bref, rien à voir avec l’excitation.

J’me souviens d’un temps où je croyais encore que le Père Noël pouvait vraiment aller porter des cadeaux à tous les enfants du monde en une seule nuit. Aujourd’hui je produis un magazine qui est distribué dans seulement 40 000 foyers dans une même région et Postes Canada a de la difficulté à effectuer la livraison à l’intérieur d’une semaine. C’est sûr que si la société d’état avait embauché le Père Noël, il aurait sans aucun doute, obtenu le titre d’employé du mois de décembre. Sa méthode de livraison à lui était nettement plus efficace et bien en avance sur son temps. Non seulement il pouvait couvrir la planète entière en une seule nuit, mais il pouvait déjà faire du ciblage précis car, seuls les enfants sages avaient des cadeaux. J’ai eu beau chercher sur le site de Postes Canada, mais je n’ai jamais trouvé cette option.

J’me souviens d’un temps où j’étais prêt à tout pour tenter de deviner mes cadeaux à l’avance. Une fois qu’ils étaient en dessous de l’arbre, je m’amusais à les déchirer à des endroits stratégiques pour essayer de reconnaître la boîte qui se cachait sous l’emballage. Quand mes parents partaient et me laissait seul pour quelques temps, j’enfilais mon uniforme de détective et je faisais l’inspection de tous les garde-robes de la maison à la recherche d’indices. J’me souviens même d’une fois avec ma gardienne où j’avais été jusqu’à déballer complètement un de mes cadeaux en prenant soin de le remballer avec le même papier que mes parents avaient utilisé. J’avais réussi à entraîner ma gardienne dans mes manigances et malheureusement mes parents ont fini par découvrir notre complicité. Pauvre Marie, elle a perdu sa job et j’ai perdu ma meilleure gardienne.

J’me souviens d’un temps où je croyais dur comme fer au Père Noël et je me considère chanceux que cette période ait duré plus longtemps que la normale. Comme toute bonne chose a une fin, un certain 25 décembre d’une année quelconque, l’eau de Cologne de mon oncle Yvan a vendu la mèche. Et oui, j’ai reconnu son odeur et ce jour-là, j’ai découvert qui était l’imposteur qui se cachait dans le costume. À ce moment précis, la magie de Noël s’est éteinte et c’est de toute évidence, l’événement perturbateur qui m’a entraîné vers le vice, c’est-à-dire, la section soutien-gorge et lingerie pour dames du catalogue Sears. J’étais au désespoir, la vie n’avais plus de sens sans le Père Noël, j’en voulais même à ma tante de m’avoir caché la vérité, jusqu’à ce que je réalise que si ce n’était pas le Père Noël qui payait la facture de mes cadeaux c’était par déduction, l’ensemble des membres de ma famille. Et comme ils étaient plusieurs à se «splitter le bill», j’avais compris que je pouvais facilement allonger ma liste de cadeaux. L’année suivante fut la plus fructueuse de toute ma vie. J’avais tellement reçu de cadeaux que je me suis endormi avant la fin du dépouillement.

J’avoue qu’à chaque année, à l’approche de fêtes c’est un gros mélange de magie et de nostalgie qui m’envahit. Malgré que je doive faire des efforts pour retrouver l’enfant qui sommeille en moi, je garde tout de même de très beaux souvenirs des Noël passés en famille. J’espère surtout que mes enfants ne passeront pas trop rapidement au stade adulte et qu’ils auront la chance eux aussi de croire en une forme de Père Noël qui vit dans le Pôle Nord avant de découvrir la vérité. Par contre, si je me fie à la qualité du français que l’on retrouve sur les réseaux sociaux, j’espère qu’ils prendront soin de faire corriger leur liste de cadeaux par papa ou maman avant de l’envoyer parce que C VRAIMAN PA ÉVIEDENT DE DCHIEFRÉ LAIT PÈRE SONNE KI ÉCRIVE O SONT.

Joyeux Noël!

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