×

Vous souhaitez devenir blogueur?

Inscrivez-vos informations et nous vous contacteront dans le plus bref délai.

It, ou la fois où j’ai accroché au film d’horreur

cinéma
26/10/2017

Je ne suis pas un amateur de films d’horreur mais j’ai aimé It. Voici pourquoi.

Je dois être honnête d’entrée de jeu et avouer que j’ai été pris dans le hype de It. Sans une campagne marketing efficace, probablement que je n’aurais vu l’oeuvre d’Andy Muschietti que plusieurs années après sa sortie. Je le répète, je ne suis pas un amateur de film d’horreur, je les trouvais sans saveur..

Pour moi, horreur est synonyme de Halloween (John Carpenter) et de A nightmare on Elm street (Wes Craven), des films novateurs pour leur époque mais qui n’ont jamais été en mesure de se renouveler. Ce manque d’inspiration dans les slashers* a même inspiré Wes Craven, l’une des figures de cette époque, à réaliser Scream: une parodie de ses films. Il s’y moque ouvertement des trucs scénaristiques du genre horreur/slasher: la plantureuse blonde qui meurt tragiquement, le méchant torturé, l’héroïne qui tient bon jusqu’à la fin malgré le fait qu’elle viole toutes les règles de base de la survie et des rebondissements dignes d’un épisode de Scooby-Doo.

Slasher : Nom, masculin, originaire de l’anglais. Se dit d’un film où des gens (de préférence des adolescents qui se préparaient à une fête) sont poursuivis par une mystérieuse personne munie d’une arme tranchante. Exemple: Halloween, A nightmare on Elm street, Friday the 13th.  

 

Horreur est aussi synonyme de gore*. Après le pied de nez de Wes Craven aux films du genre, les grands studios ont dû faire preuve d’innovation pour les amateurs de sursaut. Ils ont réanimé un genre bien connu des férus de films de série B dans les années 1970 et 1980, le gore. Quelques exemples : Saw (de 1 à 8991), The Hostel, le remake de The Hills have eyes.

Gore : Nom, masculin, provient du mot entrailles en anglais. Dans la culture populaire, il s’agit d’un type de film où la teneur du scénario est inversement proportionnelle à la quantité de sang, de boyaux et de cris de mort montrés à l’écran.

 

Je dois être honnête, j’ai bien apprécié le premier Saw. Ce premier opus était certainement sanguinaire mais il nous ramenait à nous-mêmes. Il nous amenait à nous poser des questions du genre : Que ferai-je dans cette situation ? Est-ce que je serais égoïste pour assurer ma survie ? Si je vomis mon pop corn, me reste-t-il assez d’argent pour aller m’en acheter un autre ? Plus sérieusement, l’aspect psychologique était intéressant et la violence servait ce propos dans un premier lieu.

Les quelques suites n’ont pas été en mesure de reproduire cet effet. Elles misaient sur toujours plus de sang (à ne pas confondre avec sens) et d’entrailles. Ironiquement, juste avant la projection de It, la bande annonce du prochain Saw (le 8e) a joué. 1 minute 30 de confusion où l’on voit plus de scies rondes que de trames scénaristiques. Je me suis dit à ce moment que mes dollars-loisirs avaient été bien investis.

 

Horreur nouveau-genre

J’aime la plupart des films inspirés des livres de Stephen King mais It m’a surpris sur un aspect : personne ne se prend au sérieux. Et c’est bien correct ! Le public connaît maintenant tous les trucs des films d’horreur et le réalisateur le sait. À quoi bon se mettre la tête dans le sable et se mentir en disant que l’on va réinventer la roue (je ne parle pas ici de la torture médiévale) ? Ainsi, plutôt que de vouloir l’intéresser par des artifices esthétiques comme des corps contenant le double de la quantité de sang d’un humain normalement constitué, le réalisateur nous amène dans son monde et celui de King. Le public se prend au jeu.

Un clown avec des grandes dents dans un caniveau ? Pourquoi pas ! Un méchant qui se nourrit des peurs d’enfants? Why not, coconut ?

Aussi, plutôt que de miser sur la facilité du dévoilement d’entrailles, Muschietti travaille plutôt sur les inconforts de son public. Ce dernier n’aura pas peur de tout mais chaque téléspectateur sort du film avec quelque chose qui l’a marqué. C’est ce que le film fait bien ; il expose une série de tableaux liés ensemble par une trame narrative simple. Chacun de ces tableaux évoquent une peur des protagonistes de l’histoire et, étrangement, d’un ou l’autre des spectateurs.

 

En bref, j’ai aimé It.

 

Écrit par Christopher Chartier-Jacques

VOIR D'AUTRES ARTICLES de Le Magazine Où
Voir la liste complète des blogueurs Vous souhaitez devenir blogueur?