Sébastien Lemaire

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Professeur de Yoga

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El GURU VS El MONSTRE LA BATAILLE AMICALE

La discipline derrière le yoga peut parfois paraître grande. Certaines personnes aiment moins la difficulté, tandis que d’autres la recherche. Un élève voudra relever des défis et un autre voudra rester dans la douceur d’un m

santé
15/07/2016

La discipline derrière le yoga peut parfois paraître grande. Certaines personnes aiment moins la difficulté, tandis que d’autres la recherche. Un élève voudra relever des défis et un autre voudra rester dans la douceur d’un mouvement ou d’une position. Un troisième, lui sera bien dans le souffle tout de go. Chose certaine, ils ont tous le même but et ils l’atteindront. Ils veulent quitter la tête pour se trôner dans le corps. Ici, je parle de ma discipline, le yoga. Mais tous ces gens qui bougent d’une manière ou d’une autre, que ce soit par la danse, le jogging, la marche, la boxe, le vélo, le zumba, le crossfit, name it…ont sensiblement la même sensation qui s’exclame en eux. Ils prennent contact avec leurs corps et ceci les fait sentir vivants. C’est bien comprenable, nous qui sommes toujours dans notre tête. Comme si nous n’étions qu’une tête. Une tête sur deux pattes. Vous passez votre journée dans votre routine d’automate et probablement que vous ne pensez jamais à vos orteils et encore moins à votre biceps brachial. Effectivement, notre conscience est pratiquement toujours dans nos pensées, et l’est quelquefois qu’elle se retourne vers une partie du corps dans une journée habituelle, c’est probablement le bobo qui l’appelle ou peut-être quelque chose de plus sensuel! Notre égo et notre pensée ont déjà été appelés le monstre à dix mille têtes. Il regarde de tous bords tous côtés pour se questionner, analyser et pour penser aux alentours de 90 000 milles pensées par jour, ce qui en fait une belle moyenne de 1,2 pensée à la seconde! Mes élèves ne sont pas toujours surpris quand je donne cette information à la blague, pour tout simplement mettre en image la course de nos pensées. Ils vont même jusqu’à dire qu’ils doivent probablement en penser beaucoup plus que ça! Il y a aussi de belles images qui illustrent bien le mécanisme de notre pensée. Comme celle où la pensée est représentée par le joli papillon bleu qui voltige d’une fleur à l’autre sous la brise du vent. Ouffff un peu trop zen vous dites! Vous aimerez beaucoup plus comparer votre pensée au singe freak et effréné, qui bondit d’une branche à l’autre, hurlant en se croyant être le concertiste de la forêt. On se voit tous un peu mieux dans le dernier exemple je crois!

Ce qui est encore plus stupéfiant c’est que la majorité de ses pensées sont dans les empreintes du passé ou dans le présage du futur. Donc, elles sont fréquemment inutiles pour l’action du moment présent. Vous êtes au boulot, un ou une collègue passe devant votre bureau. Vous l’observez et vous remarquez ses chaussettes bleues. Cela vous fait ricaner et subito vous pensez à votre tante Gisèle qui porte toujours des chaussettes de couleurs. Vous commencez à penser à votre tante et le souvenir d’elle déballant les rues de son village sur son vélo à trois roues vous revient. Elle voulait installer ses pancartes pour sa vente de garage. Il était 2 heures du matin et la fameuse vente débutait à 8 heures. Vous revenez à vous dès cet instant, en vous rappelant qu’il faut absolument que vous alliez porter votre vélo pour une mise au point avant la randonnée de samedi. Ou, vous pourriez peut-être en acheter un à la vente de garage du voisin, qui est samedi justement. Mais vous n’aimez pas votre voisin. Pouf… quand votre patron rentre dans votre bureau, il ne suffit qu’une nanoseconde pour vous faire revenir dans le moment présent. Le singe fige. Le papillon se fait épingler dans son cadre. Le monstre rentre dans sa cage. Plus de vélo, plus de ma tante Gisèle et plus de chaussettes de couleurs. Sauf, que le patron lui, en portent des rouges!

Haaaa cette pensée qui nous fait voyager dans la matrice du temps et dans nos mondes imaginaires. Même si nous adorons le film qu’on regarde, le livre qu’on lit ou encore la conversation de notre ami, la pensée nous vole souvent notre moment présent. L’ami nous raconte son histoire qui peut sembler super intéressante et nous voilà soudain déjà entrain de penser à ce que nous allons répondre ou encore trouver une de nos histoires qui sera bien meilleure que la sienne, selon nous! Nous ne sommes plus présents, c’est un blind date solitaire et finalement on finit tous qu’à parler qu’à soi-même. Pas de panique, j’imagine que l’être humain est construit comme ceci pour bien des raisons, mais ici n’est pas le sujet. Justement l’Être humain…c’est bien le verbe être qui constitue cette locution? On ne dit pas le Penser humain ou encore le Faire humain! Ça, ce n’est pas moi qui le dit. C’est un de mes ‘’gurus’’.

Quand nous pratiquons notre discipline, mot emprunté du latin disciplina qui signifie
« action d’apprendre », nous avons vraiment la sensation d’être plus qu’une tête. Nous observons notre mouvement, notre coordination, notre alignement, notre souffle, notre équilibre et à cause de cette focalisation, nous oublions un peu le monstre, le singe et le papillon! Nous écoutons notre ‘’guru’’, qui outre la connotation spirituelle qu’on apporte majoritairement à ce terme, signifie professeur, guide, expert ou maître dans son savoir en sanskrit. Le professeur est nécessaire pour nous apprendre la base, nous donner des trucs, nous corriger, nous partager sa passion et pour nous aider à se surpasser. Par la suite, nous pouvons devenir notre propre ‘’guru’’ si l’on désire, en approfondissant de plus en plus ses études, sa pratique, sa discipline, son art et surtout son plaisir. Un principe est certain, c’est que dans la vie tout est transmis…ou presque. Nous sommes des imitateurs. Nos premiers ‘’gurus’’ sont nos parents. Ensuite, suivent notre famille, nos amis et la société. Plus tard, ce que l’on fait de cet apprentissage ne regarde que nous. À notre tour, à notre façon nous l’enseignerons assurément.

Quoi de mieux que de quitter la tête pour devenir son propre ‘’guru’’ et de transpirer le corps, pour enfin faire fuir le monstre. Momentanément du moins! Qui gagnera? Vous ou le monstre? La victoire ira à celui à qui l’on porte le plus d’attention bien sûr…

Belle bataille!

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