×

Vous souhaitez devenir blogueur?

Inscrivez-vos informations et nous vous contacteront dans le plus bref délai.

Culture geek : Le crime parfait

Je dois l’admettre, je vis dans un monde d’arcs-en-ciel et de licornes. Tous, dans mon monde, sont gentils et bien intentionnés. Je suis donc, vous l’aurez compris, souvent surpris et/ou désabusé. Une réalité bien présente m’attriste profondément : le piratage.

Général
30/11/2018

Je n’entends pas par là l’existence d’hommes plus ou moins propres, toujours un peu chauds sur le rhum qui volent des trésors. Non, je parle plutôt du piratage de films et de contenus télévisés. Je suis conscient que c’est beaucoup plus gros que moi mais j’aimerais tout de même livrer mon point de vue.

Le développement des technologies de l’information et des télécommunications rend la chose trop facile. Je me souviens au tournant des années 2000, on devait mériter notre film piraté. On devait d’abord le télécharger sur des plateformes comme Kazaa ou Limewire en laissant notre ordinateur ouvert toute la nuit. Si quelqu’un dans la maison décidait de faire un appel, on était kaputt. Ensuite, combien de fois en ouvrant mon film ai-je dû vivre la déception que ce n’était pas la bonne affaire du tout? Plutôt que de suivre les aventures de Indiana Jones, je tombais sur des dérivés du genre In Diana Jones. Disons que la quête n’était pas tout à fait la même. Bizarrement, mon frère était toujours un peu moins déçu que moi. Bref.

Tout ça a bien changé aujourd’hui. On trouve sur Internet plusieurs plateformes d’écoute en continu où l’on peut visionner des films tout à fait gratuitement.

 

« Je ne l’aurais pas écouté de toute façon »

Voilà quelque chose que j’entends souvent, grand naïf anachronique que je suis, quand je soulève à mon interlocuteur que le piratage est répréhensible. Ce que je réponds est d’essayer la même chose après avoir mangé au restaurant. « Pardon, monsieur le serveur mais je ne paierai pas pour mon repas. C’était très bon et tout mais je n’aurais pas mangé n’eut-ce été de ce repas que vous m’avez offert. On est quittes? ».

On voit bien que ce scénario est absolument farfelu. Ce serait un manque de respect pour le cuisinier, le serveur, le plongeur, la personne qui a fait la livraison de la nourriture, etc. En gros, ça n’arriverait pas. Or, pourquoi se permet-on de le faire avec les producteurs de films ou d’émissions?

Malgré ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’un crime sans victime. Prenons l’exemple d’un film indépendant qui amasse de peine et de misère les sommes nécessaires pour lancer la production. Ses principales sources de revenus sont celles générées aux guichets et dans la vente de Blu-ray et de DVD. À long terme, si une partie de leurs revenus est rognée par le piratage, qui en paiera le prix? Le studio pourrait décider de mettre sur la glace son projet de suite. Toute l’équipe de production se retrouve au point de départ, sans travail, sans salaire. Ce sont des pères et des mères de famille comme le serveur ou le cuisinier de l’exemple du restaurant.

 

« Il n’y a rien sur Netflix »

Le piratage a maintenant une nouvelle manne avec le contenu en ligne que produisent des entreprises comme Netflix ou Amazon. Ainsi, certains consommeront les productions via des sites pirates sans pour autant payer l’abonnement à la plateforme du diffuseur.

Je ne suis pas un expert en économie et encore moins de la structure du géant de la production et de la diffusion. Or, il me semble que la principale source de revenus de Netflix, pour ne nommer que celui-là, soit justement les abonnements. Ainsi, le fait de ne pas payer et de pirater revient à diminuer sa capacité à produire des trucs de qualité. C’est en plein ce que l’on appelle un cercle vicieux.

Je reviens avec l’angle humain. Netflix décide de lancer une nouvelle émission que l’on nommera Les pirates, c’est des pas fins pour le bien de l’exercice. L’entreprise défraie tous les coûts pour la production et la diffusion d’une première saison : montage des décors, salaires, promotion, etc. Au moment de diffuser, un site de piratage que l’on nommera HBS.tv de manière fictive diffuse l’émission sans en acheter les droits. Le client moyen se dit : « Pourquoi payer 10$ par mois si j’ai tout gratuit sur HBS.tv? ».

Vient la fin de la saison. Les gens de Netflix annoncent que Les pirates, c’est des pas fins ne reviendra pas pour une deuxième saison faute de côte d’écoute et ce, malgré la grande qualité de l’émission.

Encore une fois, ce sont des dizaines de gens qui perdront leur emploi. Qu’entendra-t-on par la suite? « Il n’y a rien sur Netflix ».

Le crime parfait n’existe pas. Il y a toujours des victimes.

VOIR D'AUTRES ARTICLES de Christopher Jacques
Voir la liste complète des blogueurs Vous souhaitez devenir blogueur?