Édith Courval

Édith Courval

MUSIQUE, DESIGN, SORTIES ET +

×

Vous souhaitez devenir blogueur?

Inscrivez-vos informations et nous vous contacteront dans le plus bref délai.

Ces films qui changent notre vision du monde

Ça vous arrive de sortir du cinéma et d’avoir l’impression d’être changé? Pour ma part, ça m’arrive souvent, peut-être que je suis trop sensible

Opinion
22/05/2015

Ça vous arrive de sortir du cinéma et d’avoir l’impression d’être changé? Pour ma part, ça m’arrive souvent, peut-être que je suis trop sensible. Des films comme Wild qui vous donne envie d’aller faire du hicking, comme Psycho qui vous donne le goût d’être tout à coup au top de votre forme ou Inception qui vous fait beaucoup réfléchir au pouvoir du subconscient. Le dernier que j’ai vu qui m’a fait tout un effet est American Sniper. Je suis sortie du cinéma et je trouvais les routes drôlement calmes et que ma job était tellement futile… ça m’a fait penser à une de mes connaissances qui fait partie de l’Armée et je me suis demandée ce que représentait d’être soldat de nos jours, qu’est-ce qui le poussait à aller en zones de conflits et ce qui le motivait à faire ce travail.

Entrevue avec Frédéric Potvin, sergent de l’armée de terre dans le corps d’infanterie au sein du Royal  22e régiment, basé à Val-Cartier, Québec.

 

Depuis combien de temps faites-vous partie des Forces armées canadiennes?
Depuis 2004, ça fait donc un peu plus de dix ans. Plus particulièrement, je fais partie de l’armée de terre dans le corps d’infanterie au sein du Royal 22e Régiment qui a célébré son 100e anniversaire en 2014.

 Pourquoi avez-vous décidé de suivre cette avenue?
J’ai joint l’armée au début, comme plusieurs autres, pour fuir les problèmes personnels. J’avais un manque de discipline et rien de ce que j’entreprenais ne me satisfaisait. Après quelques années, j’ai failli quitter car c’était très monotone et j’avais l’impression de faire semblant… jusqu’au jour où je suis finalement partie en mission, faire mon travail « pour de vrai ». Depuis, je suis prêt à endurer la monotonie que nous vivons en temps de paix, parce que je sais que je vais revivre cette expérience incroyable du terrain.

Avez-vous vu le film American Sniper et le trouvez-vous représentatif?
Je ne l’ai pas vu mais j’en ai entendu que de bons commentaires. Si vous voulez bien comprendre mon travail, je suggère la série Génération Kill qui représente bien les aspects de la camaraderie, le langage utilisé à l’interne, les horreurs de la guerre et les extrêmes par lesquels nous pouvons passer dans la même journée.

Selon toi, est-ce que les gens comprennent ton travail?

Je crois que non, en tout cas, tout ce qui a trait au travail des métiers de combats comme l’infanterie, les blindés, l’artillerie et les ingénieurs de combats. Ce qui est difficile à comprendre pour les gens je crois, c’est comment je peux passer d’un extrême à l’autre en très peu de temps : un jour je suis en uniforme de parade pour accueillir le prince William par exemple, et le lendemain, je peux partir pour une semaine sachant que je ne dormirai pas beaucoup et ne pourrai pas me laver.

Les opérations sur lesquelles je travaille peuvent être très variées : aider des sinistrés à St-Jean-sur-Richelieu en remplissant des sacs de sable, faire de l’avance sur l’ennemi en Afghanistan, s’entraîner pour les guerres bactériologiques, nucléaires ou chimiques. Certaines personnes essaient de comprendre mais pour d’autres, nous resterons toujours des tueurs. Dans certaines parties du pays, les gens nous respectent plus que d’autres. J’essaie souvent d’expliquer aux gens que lors des missions, comme en Afghanistan, nous nous démarquons en tant que Canadiens puisque nous travaillons avec la population locale et nous représentons les valeurs canadiennes lorsque nous nous déplaçons dans le monde.

Crois-tu que le mot vétéran est, de nos jours, compris et respecté?
Je crois que les vétérans sont toujours aussi respectés, mais l’image que le mot représente est différente pour chacun, selon leurs valeurs. Dans certains coins du pays comme l’Ouest canadien ou Ottawa, juste le fait d’avoir servi son pays suffit pour être considéré comme vétéran. Au Québec, j’ai l’impression que les gens respectent les vétérans selon les guerres dans lesquelles ils ont servi… l’avenir nous en dira beaucoup sur ce sujet, entre autres à cause de la guerre en Afghanistan qui a été mal comprise par les Canadiens. Par contre, cette même guerre a déjà permis de changer l’opinion publique à Québec, due à la proximité qu’ont les gens avec les militaires de Val-Cartier : ils nous portent beaucoup de respect ainsi qu’à notre travail.

 

—–

Merci au Sergent Potvin d’avoir répondu à mes questions et j’ai trouvé très intéressant de lire tes réponses.

Et vous, quels films a changé votre vision de votre réalité de tous les jours?

 

Les opinions exprimées dans ce blogue sont le fait des auteurs et du sergent Frédéric Potvin et ne doivent pas être considérées comme celle des Forces armées canadiennes.

Voir la liste complète des blogueurs Vous souhaitez devenir blogueur?