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À la mode de chez nous!

Entrevue avec Diane de Repentigny, propriétaire de la boutique Cajodi

Général
18/11/2018

 

Propriétaire et fondatrice de Cajodi depuis 1985, Diane de Repentigny n’a jamais cru avoir besoin d’incarner le visage de son entreprise. Comme elle le dit si bien, ce qui fait la réputation de la boutique ce n’est pas moi, mais mon produit. Elle qui a toujours préféré travailler dans l’ombre accepte aujourd’hui de nous partager son expérience et sa vision des grands changements à l’intérieur d’une entrevue où vous découvrirez une femme amoureuse du commerce d’abord et avant tout. La mode est le milieu qu’elle a choisi pour exercer sa véritable passion : celle d’être femme d’affaires.

 

Qu’est-ce qui t’a attiré vers le commerce?

Comme je le dis souvent, je suis le DI de Cajodi. C’est donc un projet qui s’est réalisé en famille au départ avec mes deux sœurs Carole et Josée. Suite au décès de ma sœur Josée, j’ai réalisé que contrairement à ma sœur Carole, j’étais vraiment sur mon X et que j’allais poursuivre mes ambitions en solo. J’ai toujours adoré le fait de me sentir autonome et d’être aux commandes de ma destinée.

Cajodi a fêté son 30e anniversaire en 2015, crois-tu que si la boutique était fondée aujourd’hui, en 2018, elle aurait autant de chance de succès?

En général, les gens dans ma position auraient tendance à dire non, mais je ne suis pas totalement d’accord. Chose certaine, il faut se démarquer plus que jamais et il faut apprendre à innover en mode accéléré, mais rien n’est impossible. Ce qui est aussi très important est de savoir bien s’entourer. Annie et Vanessa, qui sont toutes deux diplômées de la prestigieuse école de styliste Les Effrontés, contribuent grandement à notre succès. Même si le marché est plus dur qu’autrefois, il faut reconnaître qu’il existe plus de programmes d’aide, de subventions et d’accompagnement à l’entrepreneuriat qu’il y a 30 ans, ce qui peut aider grandement les nouveaux entrepreneurs à partir du bon pied et éviter les erreurs.

Considérant que tout est possible, selon toi quelle est la clé du succès?

L’essentiel est d’avoir un produit qui se démarque et d’avoir un concept qui entoure bien ton produit. Par exemple, on n’a qu’à regarder la chaîne Frank and Oak qui ont lancé les boutiques éphémères. Ce concept qui mise sur le fait d’offrir une expérience de magasinage qui sera d’une courte durée, donc très exclusif, fonctionne très bien. Mais par-dessus tout, la clé du succès d’un commerce comme le mien demeure le service. La clientèle adore le service personnalisé et les petites attentions particulières qu’on leur porte.


 

« Nos clientes apprécient qu’on les reconnaisse et qu’on se souvienne que l’an dernier, elles ont acheté tel pantalon qui irait bien avec telle chemise ! »

 

On remarque qu’il y a de moins en moins de petites boutiques indépendantes comme la tienne, est-ce un avantage ou un inconvénient?

Effectivement, depuis l’arrivée des boutiques en ligne, il y a eu une épuration dans le commerce au détail. Ce qui pouvait être vu comme un inconvénient peut devenir un avantage pour les petits joueurs comme nous qui réussissent à tirer profit d’une compétition moindre. Par contre, il faut que l’expérience en boutique soit mémorable pour continuer d’offrir une valeur ajoutée à celle-ci.

Selon toi, est-ce qu’il y aura un retour à l’expérience en magasin?

À mon avis, le retour à l’expérience en boutique est non seulement possible, mais il est déjà enclenché. Il suffit de regarder un géant comme Amazon qui a fait son succès en ligne et commence à vouloir établir des boutiques pignon sur rue. Le commerce en ligne et le commerce en boutique devraient en fait se compléter et non pas se compétitionner. Évidemment, il n’y aura pas de retour en arrière. On ne peut pas dire du commerce en boutique qu’il est en développement mais il est définitivement en train de trouver sa place dans cette nouvelle réalité et il est là pour y rester.

Puisque que Cajodi vient de lancer sa boutique en ligne, est-ce que tu peux dire que c’était un passage obligé?

Si nous voulions continuer à développer notre chiffre d’affaires, la boutique en ligne était un incontournable. Étant donné que nous dépendons de la situation démographique de notre région, c’est la seule et unique façon de rendre la boutique profitable 7 jours sur 7.

Qu’allons-nous pouvoir nous procurer sur votre boutique en ligne?

Quatre-vingt pourcent des produits sur notre boutique en ligne ne seront pas disponibles sur les sites des grands magasins. Nos produits seront en majorité exclusifs et certains d’entre eux ne seront pas disponibles à la boutique mais uniquement en ligne.

 

« Mon mari me dit souvent : Diane, à la retraite, on joue au golf pour passer le temps, ça coûte cher et ça rapporte rien. Si tu as la chance d’avoir un hobby qui génère des profits, pourquoi tu t’arrêterais ? »

 

En conclusion, comment envisages-tu l’avenir de Cajodi?

J’ai repris un rôle plus actif au sein de mon entreprise en janvier dernier afin d’implanter la boutique en ligne. Mais évidemment, où je suis rendue dans ma carrière, mon entreprise ne représente pas mon futur mais mon présent, même si j’ai encore la passion et de l’énergie à y consacrer. Malgré que j’adore apprendre et suivre des formations en ressources humaines par exemple, je me considère plus comme une coach pour la relève. Ma fille Caroline est avocate de profession et elle a toujours été impliquée dans la boutique, sans nécessairement s’identifier comme une relève. Mais on ne sait jamais, ma porte sera toujours ouverte pour accompagner une petite jeunesse qui souhaiterait poursuivre l’histoire de Cajodi.

 

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